Quelles sont les spécificités techniques de la chirurgie des séquelles de brûlures ?
C'est en quelque sorte l'inverse de la chirurgie plastique habituelle. Généralement, on travaille avec des dessins pré-établis sur la peau, qui guident le tracé du bistouri. Pour la brûlure, c'est impossible de procéder ainsi, parce qu'il y a une perte invisible de peau.
Cela veut dire que lorsque vous ouvrez, la peau s'écarte beaucoup et laisse souvent un trou plus important que prévu.
Donc il faut ouvrir d'abord et calculer ensuite, en "hyper-corrigeant" sans cesse. Nous utilisons la chirurgie des lambeaux, autrement dit la greffe d'un morceau de tissu comprenant la peau et la graisse, mais aussi la microchirurgie et les techniques de greffe de peau, notamment avec une méthode développée en France par le Pr Baux, il a y une vingtaine d'années, et qui est devenue habituelle dans le service : l'expandeur cutané.
C'est le seul outil aujourd'hui qui permette d'augmenter le capital de peau saine.
Il se présente sous la forme d'un ballon, que l'on gonfle progressivement sous la peau pour qu'elle se détende.
Ainsi on utilise autant que possible la peau autour de la séquelle, qui a les caractéristiques les plus proches de la peau brûlée. Auparavant, on gérait la pénurie en déplaçant la peau aux endroits où l'on estimait qu'elle serait plus "rentable". Mais cela rendait séquellaire la zone de prélèvement.
Comme toutes les techniques, celle de l'expandeur cutané est très efficace dans certaines zones et moins dans d'autres.