RECHERCHE ET PERSPECTIVES :
Les neurophysiologistes travaillent sur le problème de l'absence de régénération médullaire. Des travaux récents ont montré que, d'une part l'implantation d'un segment de nerf périphérique dans la moelle épinière entraîne la possibilité de régénération de neurones centraux à travers le nerf greffé et que. d'autre part, l'implantation de cortex neurologique ou de cellules embryonnaires dans une cavité expérimentale intramédullaire s'accompagne d'une régénération nerveuse et de connexions périphériques à travers un greffon nerveux. Les études expérimentales au niveau de la moelle épinière lésée permettent actuellement d'envisager des actions thérapeutiques dans plusieurs direction dont:
* La prévention des lésions secondaires d'auto-aggravation par des moyens médicamenteux mis en oeuvre très précocement. Il n'est pas impossible que dans les prochaines années on découvre un produit qui, injecté dans les premières heures, empêcherait ou au moins limiterait l'installation de la paraplégie;
* La stimulation de la régénération neuronale par la diminution de la barrière cicatricielle, l'adjonction de facteurs de croissance et le contrôle de la synaptogénèse (création de nouvelles connexions) Là, il faudra sans doute attendre de longues années avant qu'on puisse obtenir des résultats tangibles.
Les complications
Au début, le risque de décès est présent dans les para/tétraplégies traumatiques pendant les toutes premières heures et la phase de réanimation, surtout en cas de polytraumatisme. Il est primordial de ne pas aggraver les lésions médullo-radiculaires (lors du ramassage du blessé puis des installations : examens complémentaires par exemple). L'immobilisation en matelas coquille est la règle pour tout déplacement tant que la fracture n'est pas réduite et fixée (par contention externe, ou ostéosynthèse). En même temps débute la prévention des escarres dans les territoires anesthésiés (matelas spéciaux, changement de position toutes les 2-3 heures), ce d'autant qu'il existe des troubles tensionnels et thermiques. En cas de tétraplégie, la lutte contre l'obstruction bronchique est souvent prioritaire (paralysie des muscles abdominaux et impossibilité pour le blessé de tousser). Par la suite, la survenue d'atélectasies pulmonaires (zone qui n'est plus ventilée) avec infection est fréquente. Leur prévention passe là encore par des changements fréquents de position et par des séances de respiration dirigée et de percussion thoracique.
Par la suite, les complications fréquentes sont : les infections de l'appareil urinaire (pyélonéphrites, cystites) et de l'appareil génito-uréthral (prostatites, uréthrites), les calculs rénaux et vésicaux ; les thrombophlébites. Et plus rarement : les ostéomes (formations osseuses anormales) ou para-osteo-arthropathies (POA) au niveau des grosses articulations (risque d'ankylose), les fractures pathologiques survenant dans le territoire lésionnel pour un traumatisme souvent mineur, dues à la décalcification et de diagnostic parfois retardé du fait de l'anesthésie, les occlusions intestinales par défaut d'évacuation des selles.